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Le premier réflexe des gens qui nous appellent est de parler de surface : « j’ai 50 m² de toit, qu’est-ce que je peux mettre ? ». La question utile vient à l’envers. Que consommez-vous, à quelle heure, et combien de ce que votre toit produira-t-il servira chez vous plutôt que d’être revendu à 1,1 centime ? Mon travail commence là.
Je m’occupe des études du bureau : productible, ombrages, puissance, prix, gain annuel, retour. Je ne pose rien, je ne vends aucun matériel, et la page notre méthode détaille les formules que j’applique, pour que vous puissiez les refaire sur un coin de table.
Ce que je regarde en premier
Avant l’orientation, la consommation. Une facture annuelle donne un total en kWh, mais le total ne suffit pas : une maison vide en journée et pleine le soir n’a pas la même courbe de charge qu’un couple de retraités qui fait tourner lave-linge et four à midi. Je demande donc qui est là et à quelle heure, s’il y a un ballon d’eau chaude à piloter, un véhicule électrique, une piscine, une pompe à chaleur.
Vient ensuite le productible de la commune. Entre Pouzauges (1 235 kWh/kWc/an plein sud à 35°, source PVGIS) et Saint-Gilles-Croix-de-Vie (1 343), l’écart atteint environ 9 %. L’écart reste modeste, mais sur un projet de 6 kWc, cela change de quelques centaines de kWh par an, et donc le calcul final. Je retiens systématiquement 95 % de la valeur PVGIS, parce que les chiffres publics des installateurs tombent plutôt sous cette valeur et que je préfère promettre moins.
Ce que je regarde sur un toit
Sur les photos aériennes et avec les indications que vous me donnez, je cherche surtout quatre choses.
- Les ombres portées. Un arbre au sud-ouest mange les fins d’après-midi, précisément quand les panneaux orientés ouest auraient produit. Une cheminée voisine, un pignon, une lucarne créent des ombres mobiles selon la saison.
- La forme du toit. Un pan unique bien dégagé vaut mieux que trois petits pans éclatés : moins de strings, moins de pertes, un câblage plus simple.
- L’orientation réelle. Une longère « plein sud » est parfois à 20 ou 30 degrés de l’est, ce que le coefficient de 0,94 (sud-est ou sud-ouest) corrige, et parfois l’écart est plus grand.
- Le matériau. Tuile tige de botte, ardoise, bac acier ou tuile mécanique n’imposent pas les mêmes fixations ni le même coût de pose.
Je ne tranche pas seul sur la charpente ni sur la couverture. C’est le terrain de Mathieu, qui vérifie sur place. Si ses conclusions changent le chiffrage, je refais le calcul.
Mes outils, et comment je lis une ombre
Mon point de départ est PVGIS, l’outil de la Commission européenne, sur la base PVGIS-SARAH3. Il sait charger un profil d’horizon pour les collines lointaines, mais pas votre tilleul ni la cheminée du voisin. Ces obstacles proches, je les reconstitue avec les mesures de Mathieu : pente au clinomètre, azimut à la boussole, hauteur et distance de chaque arbre, le tout reporté dans un masque d’horizon que je superpose à la course du soleil.
Un ordre de grandeur aide à comprendre pourquoi cela compte. À La Roche-sur-Yon, à 46,7° de latitude nord, le soleil ne monte qu’à environ 20° au-dessus de l’horizon à midi le 21 décembre, contre près de 67° le 21 juin. Un chêne de 12 mètres planté à 25 mètres du versant sud cache des angles jusqu’à 25° environ : en été, il ne gêne presque pas, en décembre il éteint le toit en plein midi. Le même arbre change de rôle selon la saison, ce qui m’interdit de me contenter d’une photo prise un après-midi de mai.
Je lis enfin votre courbe de charge quand vous m’en donnez l’accès : le relevé au pas de 30 minutes de votre compteur Linky, à activer dans votre espace Enedis. Je regarde le talon nocturne (le frigo, la box, la veille), les pics de midi, le week-end par rapport à la semaine, l’hiver par rapport à l’été. C’est ce qui permet de passer d’un taux d’autoconsommation supposé à un taux constaté. Pour le cadre réglementaire, mes références sont l’arrêté du 1er juin 2026 sur Légifrance et la doctrine du BOFiP pour la TVA.
Micro-onduleurs, optimiseurs ou onduleur string
Quand un ombrage partiel existe, l’onduleur change la donne. Un onduleur string classique relie les panneaux en série : un panneau ombré tire toute la chaîne vers le bas. Les micro-onduleurs ou les optimiseurs de puissance isolent chaque panneau et limitent la perte. Ils coûtent plus cher et ajoutent des éléments sur le toit à remplacer un jour. Sur un toit dégagé sans ombre, je ne vois pas de raison de payer ce supplément. Sur un toit avec un arbre qu’on ne coupera pas, la question se pose sérieusement, et je la traite chiffres à l’appui (voir le comparatif panneaux et onduleurs).
Ce que je déconseille
Je préfère le dire nettement : dans certains cas, je conseille de ne pas poser. Le plus fréquent concerne les toits nord, ou quasi nord, dont la production tombe à un peu plus de la moitié d’un versant sud. Sans prime à l’autoconsommation (supprimée pour les dossiers déposés depuis le 5 juin 2026) et avec un surplus racheté 1,1 c€/kWh, un demi-productible ne se rattrape pas.
Je déconseille aussi :
- Le surdimensionnement. Mettre 9 kWc dans une maison qui consomme 3 500 kWh par an revient à offrir l’essentiel de la production au réseau pour un centime le kWh.
- La batterie posée par défaut. Elle fait monter l’autoconsommation, mais elle fait aussi passer la TVA de 5,5 % à 20 % sur tout le devis. Je la chiffre seulement quand le calcul la justifie, et le calculateur de batterie solaire existe pour ça.
- Les retours promis à 8 ou 10 ans. Sans prime, avec les prix posés d’aujourd’hui, les retours réalistes se situent plutôt entre 15 et 19 ans. Un chiffre inférieur doit vous alerter, nous en parlons dans l’article sur les arnaques.
Un exemple de calcul qui finit par un non
Un dossier dont le retour dépasse 30 ans s’arrête, et je l’explique au propriétaire. Prenons une maison de bourg à Fontenay-le-Comte, pan sud sous ardoise, consommation modeste. Sur le papier, le pan est bien orienté. Mais l’ardoise renchérit la pose, la maison est vide en journée, et l’autoconsommation plafonne autour de 35 %. Le calcul donne un retour au-delà de 30 ans. Je le classe comme déconseillé, et c’est l’un des exemples de la page cas types.
Pour un premier ordre de grandeur sur votre toit, le simulateur de panneaux solaires en Vendée applique les mêmes hypothèses que moi. Pour situer le budget avant toute discussion, la grille des prix des panneaux solaires en Vendée donne les fourchettes. Pour la suite, le rappel gratuit me met en relation avec vos chiffres réels, et le reste de l’équipe se présente sur la page du bureau d’étude solaire en Vendée.
Les questions reçues au bureau d'étude
Quel est le rôle d'un chargé d'études photovoltaïques ?
Il calcule ce qu'une installation produira sur un toit précis, ce que vous en consommerez vous-même et ce que cela rapporte. Il dimensionne la puissance en kWc d'après votre consommation, la surface disponible ne venant qu'ensuite.
Quelle puissance pour une maison en Vendée ?
Cela dépend de la consommation et de l'occupation de la maison dans la journée. Les projets que nous calculons se situent le plus souvent entre 3 et 9 kWc, et la bonne puissance est celle dont vous consommez l'essentiel.
Un toit orienté nord peut-il être rentable ?
Rarement. Un versant nord produit environ la moitié d'un versant sud (coefficient de 0,52 dans notre méthode). Avec un prix de rachat du surplus de 1,1 c€/kWh, le retour s'allonge nettement et nous déconseillons en général.
L'équipe : quatre personnes, quatre métiers, un seul dossier solaire