Sur cette page
- Ce qui a changé pour les entreprises en juin 2026
- La courbe de charge, point de départ de tout dimensionnement
- Combien produit une toiture en Vendée, et ce que ça rapporte
- Ratio DC/AC et choix de l’onduleur en tertiaire
- Raccordement : le seuil des 36 kVA et celui des 250 kVA
- Réception, assurance et contrôle à la livraison
- Amortissement : ce que le calcul doit intégrer
- Ombrières, parkings et loi APER
- Toiture existante : ce que Mathieu vérifie avant tout
- Comment on travaille avec une entreprise
- 1 235 à 1 343kWh/kWc/an
- productible PVGIS en Vendée, plein sud à 35°
- 1,1c€/kWh
- rachat du surplus, contrat de 20 ans
- 6,8 à 11,5ans
- de retour dans notre exemple de 36 kWc, selon 90 à 50 % d'autoconsommation
Un artisan menuisier près de Mortagne nous a demandé un devis pour couvrir tout le pan sud de son atelier. Quand Julien a ouvert sa courbe de charge, le talon de consommation en journée plafonnait à une poignée de kilowatts entre deux usinages. Couvrir tout le pan sud aurait produit trois fois ce que l’atelier absorbe. La bonne installation faisait la moitié de celle qu’on lui avait proposée. Après la réforme, le solaire professionnel se dimensionne sur la consommation du site, et la surface de toit vient ensuite.
Ce qui a changé pour les entreprises en juin 2026
Depuis le 5 juin 2026, seule l’autoconsommation rentabilise un projet professionnel, le surplus ne le finance plus. Jusqu’à cet été, beaucoup de projets professionnels se justifiaient par la revente. La prime à l’autoconsommation a disparu pour les dossiers déposés depuis le 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026), et le rachat du surplus est tombé à 1,1 c€/kWh, avec un contrat de 20 ans indexé d’environ 2 % par an. À ce prix, un kilowattheure injecté rapporte plus de dix fois moins que le kilowattheure que vous évitez d’acheter. La réforme est détaillée dans notre article sur le tarif de rachat du surplus EDF OA en 2026, et la situation des particuliers sur la page des aides pour panneaux solaires en Vendée.
Au-delà de 9 kWc, les synthèses que nous avons consultées indiquent que la vente totale existe encore, au même tarif de 1,1 c€. Nous n’avons pas relu l’arrêté tranche par tranche, donc nous ne l’affichons pas comme un fait acquis pour votre projet. Ce qui est sûr, c’est la conclusion qu’en tirent tous les professionnels sérieux : on installe pour consommer, et on vend ce qui reste sans en faire un modèle économique.
Pour une installation de plus de 100 kWc, le cadre change encore (appel d’offres simplifié, d’après les sources secondaires). C’est un autre métier, et nous ne promettons aucun chiffre à cette échelle.
La courbe de charge, point de départ de tout dimensionnement
La courbe de charge, c’est votre consommation relevée toutes les 30 minutes par le compteur Linky ou le compteur professionnel. Elle montre ce que vous ne voyez pas sur une facture : le pic de 7 h quand la boulangerie allume ses fours, le creux de 12 h 30 dans un atelier qui déjeune, le talon nocturne d’une chambre froide.
Nous la demandons dès l’étude. Le principe est simple : tracer sur le même graphique la consommation du site et la production d’un kWc à la latitude de La Roche-sur-Yon, puis regarder la surface commune. Plus cette surface est grande par rapport à la production totale, plus le taux d’autoconsommation est élevé, donc meilleure est la rentabilité.
Le profil de consommation varie beaucoup d’un site à l’autre. (Pour une exploitation d’élevage, la logique est voisine mais les usages diffèrent : voir le hangar photovoltaïque agricole en Vendée.) Un commerce alimentaire avec du froid consomme en continu, y compris le dimanche. Un atelier mono-équipe est très présent de 8 h à 17 h en semaine et quasi éteint le reste du temps. Un bureau d’études ou un cabinet médical consomme le jour, mais avec des puissances modestes. Un artisan en tournée, lui, consomme surtout le soir et le week-end : le solaire y est souvent décevant, sauf à piloter des charges (ballon, bornes, recharge d’outillage).
Ce qu’on regarde dans la courbe
- Talon de journée : en semaine, il donne la puissance plafond raisonnable.
- Week-end et congés : ils fixent la part de production à laquelle il faudra renoncer ou trouver un usage.
- Saisons : une chambre froide ou un séchoir tirent plus en été, pile quand le soleil est haut.
- Charges décalables : recharge de véhicules, production d’eau chaude, compresseur.
Combien produit une toiture en Vendée, et ce que ça rapporte
Les données PVGIS donnent entre 1 235 kWh/kWc/an à Pouzauges et 1 343 à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, plein sud à 35°, soit un écart d’environ 8 % entre bocage et littoral. La Roche-sur-Yon se situe à 1 266. Nos calculs appliquent un coefficient de 0,95 par prudence. Sur un toit plat ou à faible pente orienté sud, on retombe autour de 94 % de ce plein-sud, et un montage est-ouest donne environ 82 %, avec l’avantage d’étaler la production sur la journée.
Prenons une installation de 36 kWc à La Roche-sur-Yon : 36 × 1 266 × 0,95 donne environ 43 300 kWh par an. Le tableau ci-dessous montre ce que change le taux d’autoconsommation, avec une hypothèse de travail de 0,15 € HT le kWh évité (à remplacer par votre propre prix de fourniture, il varie beaucoup d’un contrat à l’autre) et un surplus valorisé à 0,011 €.
| Taux d’autoconsommation | kWh consommés sur place | Gain annuel estimé | Retour sur 40 000 € HT (hypothèse) |
|---|---|---|---|
| 50 % | environ 21 650 | environ 3 490 € | environ 11,5 ans |
| 70 % | environ 30 300 | environ 4 690 € | environ 8,5 ans |
| 90 % | environ 39 000 | environ 5 890 € | environ 6,8 ans |
Le montant de 40 000 € HT sert uniquement au calcul : le coût au kWc baisse avec la puissance et dépend du toit, de la charpente, de l’onduleur et du raccordement. Seul un devis chiffre votre cas. Dans le tableau, passer de 50 à 90 % d’autoconsommation ramène le retour de 11,5 à 6,8 ans.
Ratio DC/AC et choix de l’onduleur en tertiaire
Un devis professionnel affiche deux puissances : celle des modules en courant continu (kWc) et celle de l’onduleur en courant alternatif (kW). Leur rapport, le ratio DC/AC, est un levier. Avec, par exemple, 100 kWc de modules sur des onduleurs de 80 kW (ratio de 1,25), l’onduleur écrête quelques heures par an, à midi en juin, et restitue plus longtemps le matin, le soir et en hiver, pour un matériel moins cher. Sur un site qui consomme à midi, l’énergie écrêtée est de toute façon en partie absorbée sur place. Le bon ratio se calcule sur la courbe de charge.
À cette échelle, on retient en général des onduleurs string de forte puissance à plusieurs entrées MPPT, pour gérer deux orientations ou un bac acier partiellement ombré. Les micro-onduleurs, très utiles en résidentiel, sont rarement pertinents sur plusieurs dizaines de kWc. Pour comparer les familles, reportez-vous au comparatif des panneaux et des onduleurs.
Raccordement : le seuil des 36 kVA et celui des 250 kVA
La puissance installée fixe le type de raccordement avant même la surface du toit. Jusqu’à 36 kVA, on reste en basse tension, avec une procédure proche de celle d’un particulier sur le portail producteur d’Enedis. Au-delà, le dossier s’alourdit : étude de raccordement, coût propre au site, parfois renforcement du réseau. La basse tension va en général jusqu’à 250 kVA, et au-delà on entre en moyenne tension (HTA), avec un poste de livraison, un autre calendrier et un autre budget. Dans une zone d’activité en bout de ligne, on interroge Enedis tôt, avant de commander le moindre module.
Ces seuils expliquent pourquoi un atelier qui visait 100 kWc se retrouve parfois à étudier une installation plus modeste : le délai et le coût de raccordement pèsent dans la balance autant que la production supplémentaire. C’est à chiffrer, cas par cas.
Réception, assurance et contrôle à la livraison
À la livraison, on demande un dossier de réception dans l’esprit de la IEC 62446-1 : schémas, tension à vide et courant de court-circuit de chaque string, mesures d’isolement, thermographie si possible. Ces valeurs servent de référence pour tout diagnostic ultérieur. Côté assurance, l’installation se déclare à l’assureur du bâtiment avant la mise en service : le courant continu en toiture retient son attention, et les services de secours attendent une coupure accessible et une signalisation claire. Les garanties et la décennale sont détaillées sur la page garanties et assurances en photovoltaïque.
Amortissement : ce que le calcul doit intégrer
Un calcul sérieux ne s’arrête pas à « investissement divisé par gain annuel ». Il intègre la dégradation des modules (de l’ordre de 0,4 à 0,5 % par an, selon les fiches constructeur), le remplacement de l’onduleur entre 10 et 15 ans, l’assurance, la maintenance et, selon votre statut, l’amortissement comptable et l’impôt sur les sociétés.
Côté fiscal, le matériel s’amortit généralement sur une durée comptable (souvent 15 à 20 ans pour une centrale, à confirmer avec votre expert-comptable) et la TVA se récupère. Nous ne faisons pas de conseil fiscal, mais nous fournissons au comptable les chiffres dont il a besoin : production annuelle, prix par kWc, part autoconsommée.
Bertrand, qui suit les dossiers professionnels, résume sa méthode ainsi : un toit bien exposé, un site qui consomme en journée, le reste est de la quincaillerie.
Ombrières, parkings et loi APER
La loi d’accélération de la production d’énergies renouvelables (loi APER, mars 2023) impose d’équiper de dispositifs de production d’énergie renouvelable, typiquement des ombrières, les parkings extérieurs d’une certaine taille, avec des échéances échelonnées selon la surface. Les seuils exacts et les dates ont été précisés et aménagés depuis, et nous ne voulons pas vous donner un chiffre de mémoire : si vous gérez un parking de commerce, de zone d’activité ou de collectivité, on vérifie avec vous le texte en vigueur avant de parler de calendrier.
Pour un parking qui n’entre pas dans le champ, l’ombrière reste une option facultative, et son économie est différente : structure plus coûteuse qu’une toiture, raccordement à prévoir, mais confort pour les clients et électricité produite au plus près des bornes de recharge. Le sujet a sa propre page, avec la structure, les autorisations et les contraintes : ombrières et carports photovoltaïques.
Toiture existante : ce que Mathieu vérifie avant tout
Sur un bâtiment d’activité, la toiture est souvent la variable la plus incertaine. Un bac acier de vingt ans ne se traite pas comme une couverture récente. Sur du fibro-ciment, la question de l’amiante passe avant toute pose. Mathieu contrôle la charpente (portées, pannes, capacité à reprendre quelques dizaines de kilos par m²), l’état de la couverture, les zones d’ombre portée par un silo ou un bâtiment voisin, et le tableau électrique.
Les vents d’ouest du littoral imposent un calcul de fixation sérieux : visserie inox A4, nombre de points d’accroche, vérification selon les règles en vigueur. Une toiture refaite deux ans après la pose de panneaux oblige à les déposer puis à les reposer : autant planifier le chantier dans le bon ordre.
Les démarches suivent le même chemin que pour un particulier, avec des enjeux plus lourds : déclaration préalable en mairie (un mois d’instruction, deux en secteur ABF), demande de raccordement Enedis, Consuel, contrat EDF OA pour le surplus. Anaïs les gère pour les dossiers confiés à nos installateurs partenaires, qualifiés RGE QualiPV. Les étapes détaillées figurent dans la page installation de panneaux solaires en Vendée.
Comment on travaille avec une entreprise
Nous sommes un bureau d’étude indépendant : nous ne posons rien nous-mêmes. Le déroulé est sobre. Vous demandez une étude, on vous rappelle, on recueille votre courbe de charge et les factures, Julien calcule le productible et les scénarios d’autoconsommation, Mathieu visite si le projet le justifie. Nous vous mettons ensuite en relation avec un seul installateur partenaire du secteur, que nous suivons jusqu’à la mise en service.
Et si le chiffrage montre que le solaire n’a pas de sens pour votre activité, nous vous le disons. Un commerce ouvert uniquement l’après-midi et le week-end, une toiture très ombragée ou une charpente fatiguée : dans ces cas, l’étude sert à éviter un mauvais investissement. Ce travail s’inscrit dans l’ensemble de nos solutions photovoltaïques en Vendée.
Pour avancer, le plus simple est d’estimer votre projet avec le simulateur pour situer l’ordre de grandeur, puis de demander le rappel pour l’étude pro.
Les questions reçues au bureau d'étude
Quelle puissance installer sur le toit d'un atelier ou d'un commerce ?
La puissance se cale sur la consommation de journée. On lit la courbe de charge au pas de 30 minutes (Enedis la fournit avec l'accord du titulaire du contrat), on repère le talon de consommation en semaine et on dimensionne pour que la quasi-totalité de la production soit absorbée sur place. Un toit de 600 m² peut très bien recevoir moins de panneaux qu'il n'en porterait.
La revente totale de l'électricité est-elle encore intéressante pour une entreprise ?
Au-delà de 9 kWc, les synthèses disponibles indiquent que la vente totale reste ouverte mais au tarif de 1,1 c€/kWh, ce qui la rend économiquement marginale. Nous n'avons pas relu le texte de l'arrêté pour chaque tranche de puissance : le tarif applicable à votre projet se confirme sur le dossier. Dans la pratique, l'économie repose sur l'autoconsommation.
La TVA est-elle récupérable sur une installation photovoltaïque professionnelle ?
En règle générale, une entreprise assujettie à la TVA facture et récupère la TVA à 20 %, donc raisonne en prix hors taxes. Le taux réduit de 5,5 % ne concerne que les logements jusqu'à 9 kWc. Le traitement exact dépend de votre régime (franchise en base, activité mixte, SCI propriétaire des murs) : à valider avec votre comptable.
La loi APER m'oblige-t-elle à équiper mon parking ?
La loi d'accélération des énergies renouvelables de mars 2023 vise les grands parkings extérieurs, avec des seuils de surface et des échéances échelonnées. Un parking de commerce de quelques dizaines de places est généralement très en dessous. Les seuils, les dates et les exceptions ont évolué : on contrôle votre cas sur le texte en vigueur avant d'affirmer quoi que ce soit.
Combien de temps dure un projet de toiture professionnelle ?
Comptez plusieurs mois entre l'étude et la mise en service. La visite technique, la déclaration préalable (un mois d'instruction, deux en secteur protégé), la commande du matériel et la demande de raccordement Enedis sont les postes qui s'étirent. Un renforcement de réseau côté Enedis peut allonger sensiblement le calendrier.
Le solaire est-il adapté à un site qui ne travaille pas le week-end ?
Oui, mais le week-end pèse sur le taux d'autoconsommation, puisque la production continue le samedi et le dimanche. On le prend en compte dans le dimensionnement, et on regarde les charges qui tournent sans personne : froid, ventilation, veille des machines, bornes de recharge programmables.
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