Sur cette page
Sur le dossier d’une maison de bourg à Fontenay-le-Comte, l’estimation de la revente de surplus tenait en une ligne : 44 € la première année. Le propriétaire avait lu ailleurs « rachat garanti 20 ans » et pensait à un petit complément de revenu. Il s’agit en réalité de quelques dizaines d’euros, et mieux vaut le savoir avant la signature.
Le tarif, en clair
Le surplus est racheté 0,011 € le kWh, pendant 20 ans, avec une indexation d’environ 2 % par an. Pour toute demande complète de raccordement postérieure au 4 juin 2026, le surplus injecté sur le réseau est racheté 1,1 centime d’euro par kWh, soit 0,011 €. Ce tarif unique vient de l’arrêté du 1er juin 2026, que nous détaillons dans l’article sur la fin de la prime à l’autoconsommation. Avant le 5 juin, pour une installation jusqu’à 9 kWc, le surplus était payé 4 c€ le kWh. La division est à peu près par quatre.
Le contrat dure 20 ans et le tarif est indexé d’environ 2 % par an à la date anniversaire. Cela porte la valeur autour de 1,6 c€ la vingtième année, ce qui reste très loin de 4 c€. Les synthèses de l’arrêté indiquent aussi que l’installation doit être mise en service dans un délai de 24 mois après la demande de raccordement pour que le contrat de 20 ans s’applique. À vérifier sur votre dossier, car un chantier qui traîne peut faire perdre des droits.
Ce que cela représente dans votre budget
Sur 6 kWc à La Roche-sur-Yon, la revente rapporte environ 44 € la première année. Prenons 6 kWc à La Roche-sur-Yon, plein sud. Avec le productible PVGIS de 1 266 kWh/kWc/an minoré de 5 %, l’installation produit environ 7 220 kWh par an. Si vous en consommez 45 % sur place, il en reste 3 970 kWh à injecter. À 0,011 €, cela fait 44 € la première année. Avec l’ancien tarif de 4 c€, on aurait eu près de 159 €.
| Ancien régime (avant le 5 juin 2026) | Nouveau régime | |
|---|---|---|
| Tarif du surplus | 4 c€/kWh | 1,1 c€/kWh |
| Surplus annuel (6 kWc, 45 % d’autoconsommation) | 3 970 kWh | 3 970 kWh |
| Recette la première année | environ 159 € | environ 44 € |
| Recette cumulée sur 20 ans (avec indexation de 2 %) | environ 1 060 € |
Le chiffre de 1 060 € suppose un surplus constant sur 20 ans, ce qui n’est pas tout à fait vrai, puisque les panneaux perdent de 0,4 à 0,5 % de rendement chaque année. Il est donc plutôt un plafond. Pour situer : dans le gain annuel total de ce projet, environ 694 €, la revente du surplus pèse 6 %. Le reste vient de l’électricité que vous n’achetez plus, valorisée à 0,2001 € le kWh (tarif réglementé Base 6 kVA, août 2026).
Un kWh que vous consommez vous rapporte 18 fois plus qu’un kWh que vous injectez. Toute la logique de rentabilité se déplace vers l’autoconsommation, et donc vers le dimensionnement et le pilotage. Nous en parlons sur l’exemple du ballon d’eau chaude piloté par le surplus solaire, qui est le moyen le plus simple d’éviter l’injection.
La vente totale, c’est fini pour les particuliers
Jusqu’à 9 kWc, la vente totale n’est plus ouverte depuis le 5 juin 2026. Autrefois, on pouvait produire et tout revendre, sans consommer un kWh de sa production. Ce modèle a nourri les offres de toitures « gratuites » ou « à loyer » que l’on voit encore circuler. Depuis le 5 juin 2026, jusqu’à 9 kWc, la vente totale n’est plus ouverte. Seul le surplus est racheté.
Au-delà de 9 kWc, la vente totale existe toujours sur le papier, mais les synthèses concordent sur un même tarif de 1,1 c€. Nous n’avons pas lu ce point dans le texte de l’arrêté lui-même, donc prenez-le comme un ordre de grandeur. Faisons le calcul : une installation de 9 kWc qui produit 10 830 kWh et revend tout à 0,011 € rapporte environ 119 € par an. Pour un investissement de 15 500 €, cela ferait plus d’un siècle de retour. Aucun projet de ce type ne se défend.
Les offres qui promettent encore un revenu garanti par la revente totale sur une toiture sont donc à regarder avec une extrême prudence. Pour les bâtiments agricoles et les professionnels, où le modèle « hangar gratuit » s’appuyait sur ce tarif, le raisonnement passe par l’autoconsommation. Notre page sur le hangar photovoltaïque agricole en Vendée reprend ce sujet sous l’angle du projet complet.
TURPE, injection et autoconsommation totale
Net de frais de gestion, la revente tombe autour de 34 € par an sur 6 kWc. Le chiffre de 44 € est une recette brute. Enedis facture en effet au producteur une part du TURPE, le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité. Pour un particulier en basse tension jusqu’à 36 kVA qui revend son surplus, la grille en vigueur depuis le 1er août 2026 ne laisse qu’une composante annuelle de gestion, de 9,83 € d’après photovoltaique.info, le comptage étant déjà couvert par son contrat de consommation. Les sources que nous avons consultées ne mentionnent aucune composante d’injection, calculée au kWh, pour ces puissances. Vérifiez tout de même la grille sur le site d’Enedis au moment de votre dossier, elle est révisée chaque année.
Net de cette composante, la revente de notre projet de 6 kWc tombe donc autour de 34 € la première année. Les plaquettes l’oublient : le surplus devient une ligne qui compense à peine un abonnement.
| Projet de 6 kWc, La Roche-sur-Yon | Montant annuel |
|---|---|
| Surplus injecté (45 % d’autoconsommation) | 3 970 kWh |
| Recette brute à 0,011 € | environ 44 € |
| Composante de gestion TURPE | environ 10 € |
| Recette nette | environ 34 € |
Pour un producteur en autoconsommation totale, sans aucune injection, la composante de gestion est nulle jusqu’à 36 kVA selon les mêmes sources. Cela ouvre une option que personne ne vous présente spontanément : ne rien revendre. Elle exige un dispositif qui empêche physiquement l’injection (limitation au niveau de l’onduleur ou d’un routeur solaire), une déclaration correcte du mode d’exploitation dans la demande de raccordement et un dimensionnement un peu plus serré. On perd 34 € par an, on économise la gestion du contrat et les papiers. Pour certains profils, notamment une petite installation qui alimente une pompe à chaleur et un ballon en journée, le choix se discute. Nous préférons cependant garder l’injection dans la plupart des cas : le surplus d’une belle journée d’été ne sert à rien d’autre.
Vendre son surplus ailleurs qu’à EDF OA
Des fournisseurs alternatifs rachètent aussi le surplus, à des conditions libres et sans garantie réglementaire. Certains fournisseurs d’électricité alternatifs proposent de racheter le surplus de gré à gré, sans engagement de vingt ans. Les conditions sont libres, donc variables : tarif, indexation éventuelle, durée et frais de dossier changent d’une offre à l’autre, et aucune ne bénéficie de la garantie réglementaire de l’OA. Les médiateurs de l’énergie ont d’ailleurs alerté sur des retards de paiement chez certains acteurs, ce qui incite à lire les conditions de règlement avant de signer.
À 1,1 c€, l’écart entre l’OA et une offre de marché se joue sur quelques euros par an. La différence se trouve dans la durée : le contrat OA de vingt ans est indexé et opposable, alors que l’offre de marché peut changer. Et il n’est pas possible de cumuler les deux pour le même surplus. Pour une installation jusqu’à 9 kWc avec vente du surplus, le parcours standard reste donc EDF OA, avec un dossier monté en une seule fois sur le portail. Anaïs détaille les étapes dans notre page sur les démarches d’installation de panneaux solaires en Vendée.
Comment se passe la démarche en pratique
Une seule demande en ligne couvre le raccordement et le contrat EDF OA. Le contrat d’obligation d’achat se demande sur un portail unique, en même temps que le raccordement, lorsque aucun renforcement du réseau n’est nécessaire. Cela a simplifié les choses par rapport aux années précédentes, où l’on déposait deux dossiers distincts. Concrètement, l’installateur partenaire et nous préparons les pièces, vous signez, Enedis valide la demande, puis la mise en service déclenche le contrat avec EDF OA.
Trois points de vigilance sur ce que nous voyons passer :
- La date de la demande complète de raccordement fixe le régime applicable, quelle que soit la date du devis.
- Le délai entre la demande et la mise en service doit rester dans les limites prévues.
- Le Consuel doit être obtenu avant la mise en service, sans quoi Enedis ne connecte pas.
Conseil d’Anaïs : gardez une copie de l’accusé de réception de votre demande et de l’attestation du Consuel. Ce sont les deux pièces qu’on vous redemande en cas de litige, parfois des années plus tard.
Faut-il encore injecter son surplus
Oui, en général : injecter ne coûte rien de plus et rapporte quelques dizaines d’euros. La revente ne doit cependant jamais entrer dans le calcul de rentabilité comme un argument central. Une étude qui compte sur 30 % de revenus de revente a un calcul fragile.
Pour voir le poids réel du surplus dans votre projet, le simulateur de panneaux solaires en Vendée sépare le gain d’autoconsommation et la recette de revente. Vous verrez assez vite quel dimensionnement garde du sens. Le reste de la réforme, avec les autres calculs, se lit dans le blog du photovoltaïque en Vendée.
Article rédigé par Anaïs, en charge des démarches chez Panneau Solaire Vendée. Données vérifiées en septembre 2026.
Les questions reçues au bureau d'étude
Quel est le tarif de rachat du surplus solaire en 2026 ?
1,1 c€ par kWh (0,011 €) pour les demandes de raccordement postérieures au 4 juin 2026, quelle que soit la puissance. Le tarif est indexé d'environ 2 % par an, dans un contrat d'obligation d'achat de 20 ans conclu avec EDF OA.
Peut-on encore faire de la vente totale avec 6 kWc ?
Non. Jusqu'à 9 kWc, la vente totale n'est plus ouverte pour les nouveaux dossiers : seul le surplus est racheté. La vente totale subsiste au-delà de 9 kWc, mais au même tarif de 1,1 c€, ce qui la rend sans intérêt économique.
Le tarif de 1,1 c€ est-il garanti pendant 20 ans ?
Le contrat dure 20 ans et le tarif évolue avec une indexation annuelle d'environ 2 %. Il ne se renégocie pas en cours de route. Pour les dossiers antérieurs au 5 juin 2026, l'ancien contrat reste celui signé à l'époque.
Qui signe le contrat EDF OA ?
Vous en êtes le titulaire, mais la demande se fait en ligne en même temps que la demande de raccordement Enedis. Nous montons le dossier avec l'installateur partenaire, puis nous vérifions la date de mise en service et la cohérence des pièces.
Prime à l'autoconsommation supprimée le 5 juin 2026 : explications et conséquences
Ballon d'eau chaude et solaire : routeur, heures creuses et gain d'autoconsommation